GTB 2019 : bilan d’un naufrage

Après quatre mois de préparation, le moment est venu de me rendre à Rennes pour le départ de la deuxième édition de la Gravel Tro Breizh. Ce sera ma toute première épreuve bikepacking, celle qui doit me servir de tremplin pour les grands rendez-vous de l’été.

upcoming

En attendant le départ…

Samedi 4 mai, veille du départ, j’arrive parmi les premiers à la salle de réunion pour valider mon inscription et récupérer le pack participant. Le briefing n’aura lieu qu’en début de soirée, alors j’en profite pour faire connaissance avec les autres participants. On assiste à un véritable salon du cycle, c’est un bonheur de voir autant de machines différentes prêtes à affronter l’ambitieux parcours de 1486km à boucler en moins de 180h. L’ambiance est excellente et nous sommes tous impatients de nous lancer dans cette belle aventure. L’heure du briefing arrive, chacun se présente et récupère sa balise de suivi GPS devant une salle bien remplie ; la possibilité pour le public de suivre les participants à distance sur Internet renforce la popularité de ce type d’épreuve. Après un délicieux repas, chacun regagne son hébergement avec un sentiment mêlé d’appréhension et d’excitation… vivement le départ !

pack

Un point sur mon vélo et l’équipement choisi

J’aborde cette Gravel Tro Breizh comme une transition entre mon passé de voyageur à vélo (35000km sur 4 continents) et ma nouvelle passion pour les épreuves bikepacking. Je pars donc sur une configuration tout confort (tente, réchaud, nourriture, vêtements) et un vélo optimisé pour les chemins, voies vertes, routes forestières, routes de campagne. Mon objectif est de prendre un maximum de plaisir et les kilos superflus ne sont pas un souci. Après tout, connaissant bien le vélo et faisant entièrement confiance à l’organisateur, une moyenne de 185km par jour implique forcément un parcours équilibré en termes de difficultés.

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Jour J : les fauves sont lâchés

Depuis 6h du matin, les concurrents arrivent par grappes et profitent des derniers instants de calme autour d’un café et d’une part de gâteau breton. Certains visages sont tendus, tout le monde est impatient de prendre le départ. Nous partons toutes les minutes par vagues de cinq afin de traverser Rennes dans de bonnes conditions. L’aventure débute par une mise en route tranquille de 25km le long du halage de la Vilaine. On sait que la journée sera belle et ensoleillée malgré le froid glacial des premières heures.

Une belle première journée jusqu’à la mer…

Jour 1 [ 224km 12h11 D+2549m ]strava

L’atmosphère matinale se réchauffe bien vite au moment où nous quittons le canal pour crapahuter dans les rochers, cela en surprendra d’ailleurs plus d’un. Une fois l’émotion passée, le peloton s’étire, les rencontres se font et se défont au rythme des aléas de course, des ravitaillements, de la navigation, des pauses, des côtes. On roule parfois seul, parfois en groupe, avec pour objectif principal d’enchaîner les kilomètres jusqu’au CP1 de la Roche Bernard situé au km161. L’ambiance est géniale, beaucoup d’entraide morale entre participants, c’est une belle journée de vélo et tout le monde semble bien progresser sur la trace ! Malgré une crevaison, je roule de manière sereine, légèrement en retard sur ma feuille de route, mais je me dis que la route est encore longue. Après une pause forcée au barrage d’Arzal au km175 pour cause de pont levé, je retrouve de très bonnes jambes, les kilomètres défilent et je commence à calculer la distance que je pourrais faire sur cette première journée. Cela fait 11h que je roule, mais je me sens encore capable de faire 60km avant la nuit. Finalement, après 220km, je décide de m’arrêter au bord de la mer pour profiter du coucher de soleil en compagnie de quatre autres participants. Sage décision sachant que je n’ai pas encore assez d’expérience pour rouler de nuit.

day 1

…jusqu’au moment où il faut se résoudre à abandonner.

Jour 2 [ 168km 10h08 D+1823m ]strava

Après une nuit confortable sous la tente, mais où il fut difficile de trouver le sommeil, je me réveille à 6h avant de lever le camp vers 7h. Les jambes semblent comme neuves, aucune douleur notable, il faut dire que cela fait quatre mois que je me prépare. Après seulement quelques kilomètres, je remarque une crevaison lente au niveau du pneu arrière, je tente de remettre un peu de pression, mais l’embout de la valve se dévisse avec la pompe, je dois me résoudre à changer la chambre à air. Que de temps perdu, à midi, je ne comptabilise que 3h de vélo… déprimant. Point positif, parmi les concurrents qui me rattrapent, des amis sont là et on va pouvoir faire un bout de chemin ensemble. C’est aussi ça l’esprit bikepacking, on peut toujours compter sur les autres pour nous remonter le moral. L’objectif du jour est d’atteindre le CP2 de Lomener situé au km383 et d’enchaîner en direction de Quimperlé. Malgré la faible moyenne et une progression difficile sur les secteurs techniques, j’avance bien… jusqu’au moment où je chute lourdement en descente ! Depuis le départ, je regrettais le choix du vélo, je n’avais pas confiance lorsque je me faisais trop secouer et finalement, je fais une erreur de pilotage. Résultat : un genou abîmé et une grosse entorse du coude. Cette chute sonne malheureusement la fin de l’aventure… énorme déception.

day 2

En conclusion…

Lors de cette Gravel Tro Breizh, j’ai vécu ce qui fait le charme des épreuves bikepacking que je suivais jusqu’alors derrière mon écran. Cette courte expérience est dors et déjà empli de souvenirs marquants. Je retiendrai qu’au-delà de la préparation, l’expérience joue un grand rôle dans la réussite de ce genre d’aventure.

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